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"Le passeport de compétences sera déployé progressivement dès 2023"

Gestion des compétences – GPEC – 24/01/2023

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Envisagé depuis 2014, le principe d’un CV à valeur probante, associant diplômes et certifications, expériences professionnelles et compétences, est en passe d’être concrétisé par la Caisse des dépôts, mandatée par les pouvoirs publics. En quoi consiste ce nouvel outil dont bénéficiera chaque titulaire de compte CPF ? Quelles vont être les étapes clés de déploiement ? Les précisions de Laure Manoukian, responsable du service « produits »* au sein de la direction de la formation professionnelle et des compétences de la direction des politiques sociales de la Caisse des dépôts. 



Pouvez-vous nous rappeler la philosophie d’ensemble qui a présidé à la conception du passeport de compétences ? Quels sont les objectifs visés par les pouvoirs publics ?

Ce sujet a commencé à poindre il y a près de dix ans, dans le cadre de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, avant d’être sédimentée par la réforme de 2018 et la loi Avenir professionnelle, qui actent la mise en œuvre du passeport de compétences. La réforme prévoit en effet l’obligation, pour les certificateurs, de transmettre les données afférentes aux résultats d’obtention d’une certification ou d’un diplôme.

L’ambition des pouvoirs publics consiste donc à mettre à disposition de chaque titulaire de compte CPF un passeport de compétences ; celui-ci est envisagé comme un lieu unique d’accès à toutes les données certifiées, relatives aux diplômes et certifications obtenus en formation initiale et continue. L’objectif complémentaire, qui sera concrétisé dans un deuxième temps, est de fournir une vision précise des compétences de l’individu à un instant T.



Quelles seront les plus-values du passeport de compétences ? De quelle manière sera-t-il utilisé ?

Le principal intérêt reste de constituer un CV à valeur probante, avec des données certifiées par des tiers – ce qui est rendu possible par les flux mis en place par la Caisse des dépôts. Le titulaire décidera, s’il le souhaite, de partager ses informations personnelles, tout ou partie. Par exemple, lors d’une candidature à une offre d’emploi, dans ses interactions avec le recruteur. D’autres usages sont à inventer, notamment sur le projet de carrière. Le passeport de compétences pourrait être mobilisé lors des échanges avec le conseiller en évolution professionnelle, pour un meilleur accompagnement. On peut également imaginer que l’employeur complète le passeport, en certifiant que le salarié a bien acquis telle ou telle compétence, via l’ajout de données ou la validation de données déclaratives.

Des services restent à inventer pour enrichir le dispositif, dans une démarche de co-construction avec l’ensemble de l’écosystème. Par exemple, un actif vise tel emploi, qui implique telles compétences ; le passeport pourrait l’aider à identifier l'écart et à le combler avec de la formation. L’impact attendu en termes d’employabilité, à chaque étape de la vie professionnelle, est donc conséquent. Une autre plus-value, dans un second temps, consistera à déduire les compétences d’un individu à partir de son parcours professionnel et des formations suivies, ce qui ouvrira la voie à la conception d’autres services.


Quand chaque titulaire d’un compte CPF disposera-t-il de son passeport de compétences ?

Nous sommes actuellement en phase de tests. Le passeport devrait être déployé en 2023, la période sera prochainement précisée par les pouvoirs publics. Sa première version comportera toutes les formations suivies dans le cadre du CPF, et les diplômes et certifications associés, ainsi que des éléments de formation initiale – nous sommes interfacés avec le ministère de l’Education nationale pour les diplômes obtenus au cours des 15 dernières années. Progressivement, le passeport bénéficiera d’un enrichissement des données, au fur et à mesure de leur envoi par les certificateurs. En ce qui concerne les données relatives à la carrière, nous restons en attente d’ajustements réglementaires ; elles seront sans doute disponibles dans l’outil à horizon fin 2023. Avant cette date, le bénéficiaire pourra déjà les enregistrer sous forme déclarative. Toutes les données sur la carrière seront intégrées courant 2024, pour permettre de déduire les compétences acquises, puis des services additionnels seront déployés dans les années suivantes.

Un autre point est à souligner : dès son lancement, le passeport de compétences intègrera le passeport de prévention, qui vise à rassembler l’ensemble des attestations, certifications et diplômes, relatifs au champ de la santé-sécurité au travail. 



Quel peut être le rôle des employeurs et des responsables formation dans l’accompagnement à l’appropriation de l’outil ?

Tout effort de communication est louable et bienvenu ! Il est important de valoriser ce service auprès du salarié, et cette démarche doit concerner l’ensemble des acteurs de l’écosystème, dont l’entreprise et son service formation. L’employeur peut aussi se positionner dans une logique proactive : « Si tu le souhaites, ton passeport de compétences peut servir de base de discussion aux entretiens et échanges sur ton avenir professionnelle et la construction des prochaines étapes. » C’est donc une bonne chose que les entreprises soient des relais et des porte-parole du dispositif, tant qu’il n’y a pas de dimension coercitive.

* Le service dirigé par Laure Manoukian est chargé de définir les produits et services dans le cadre d’un mandat confié par le gouvernement. Il s’occupe du design des parcours usagers et des process sous-tendus, pour concevoir des services destinés aux usagers – grand public, organismes de formation, financeurs, conseillers en évolution professionnelle, etc.



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En quoi consiste le passeport de compétences ?

Il s’agit d’un outil digital, associé au compte CPF, qui recense l’ensemble des diplômes et certifications obtenu par le titulaire. Ce CV à valeur probante, actuellement en phase de test, sera déployé en 2023, avant l’ajout d’autres fonctionnalités et services dans les années suivantes.


De quelle manière pourra-t-il être mobilisé par ses bénéficiaires ?

Les actifs vont pouvoir l’utiliser dans le cadre d’une recherche d’emploi et d’échanges avec le recruteur. D’autres usages sont envisageables, par exemple l’accompagnement à la (re)définition du projet de carrière avec un conseiller en évolution professionnelle, ou les entretiens RH avec l’employeur.


Comment les entreprises et les services formation peuvent-ils contribuer à l’appropriation du passeport de compétences ?

D’abord, en informant et en jouant la carte de la pédagogie pour expliquer les objectifs et les atouts de ce nouveau dispositif. Puis, en communiquant auprès des collaborateurs à chaque ajout, dans les prochaines années, d’un nouvel étage à la fusée.





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