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La crise sanitaire a singulièrement fait évoluer les pratiques de formation

Évaluation de la formation - Performance de la formation

Patient Okouo Défi Métiers

“Les organismes de formation ne peuvent plus proposer quatre jours non-stop de formation en distanciel comme en présentiel”


La crise sanitaire a singulièrement fait évoluer les pratiques de formation. L’hégémonie du présentiel est tombée. À présent, il doit tenir compte des dispositifs à distance. Patient Okouo, chargé d’études chez Défi-Métiers, livre à Place de la Formation les principaux enseignements sur les pratiques de formation et leur efficacité. Interview.

 

Considérez-vous que la formation et les acteurs de la formation ont atteint la maturité digitale ?

Oui et non. Avant la crise sanitaire, les processus de digitalisation étaient plutôt portés par les organismes de formation de taille importante ou par de nouveaux entrants spécialistes des technologies numériques. Ils tendent désormais à se généraliser. Pourtant, dans cette situation inédite de crise sanitaire, certains organismes de formation de petite ou moyenne taille ont dépassé les blocages qui se sont imposés à eux pour assurer une continuité pédagogique. Ils l’ont fait, soit avec des outils qui leur étaient totalement inconnus, soit avec des équipements dont ils ont étendu ou détourné l’usage. Ils sont alors entrés dans une phase empirique de leur digitalisation.

D’un côté, il y a eu l’utilisation de solutions gratuites en libre accès sur internet. Et d’un autre côté, la mise en œuvre de solutions numériques complètes et payantes, dédiées à la formation. Dans les deux cas, notre analyse montre que les outils et les plateformes ne sont pas une fin en soi. Plusieurs étapes d’appropriation sont nécessaires pour les rendre réellement opérationnels, pour résoudre des problèmes de continuité pédagogique, pour en dégager la plus-value attendue tout en évitant les pièges. Chez de nombreux acteurs de la formation, il reste beaucoup à faire avant de parler de maturité, si l’on considère que celle-ci est liée à une certaine maîtrise des outils numériques.

Et c’est à peu près la même chose si on considère que la maturité digitale est plutôt liée à un certain niveau de digitalisation des dispositifs pédagogiques. Dans tous les cas, les acteurs sont forcés d’être en veille. D’autant plus que les outils évoluent aussi vite qu’ils se diversifient, ce qui peut inciter certains acteurs à les recombiner en fonction des besoins. Cela illustre l’offre protéiforme présente sur le marché. Tout n’est pas stabilisé et clairement défini dans les changements qui s'enchaînent.



Qu’est-ce qui caractérise cette transformation digitale du secteur de la formation ?

Je remarque que les organismes de formation de petite taille sont encore en recherche de leur identité numérique. C’est une vraie différence avec d’autres secteurs. D’habitude, ce sont plutôt les jeunes structures qui sont agiles. Et les grandes organisations qui ont du mal à suivre le mouvement ou prennent un train de retard. Cela tient principalement à une question de moyens financiers. Les plus gros organismes de formation se trouvent dans la capacité à dégager du temps et des budgets pour répercuter la restructuration numérique sur leurs activités pédagogiques, et proposer de nouveaux programmes sur des formats novateurs ou adaptés. Pour les petites structures, c’est autant de temps en moins pour délivrer l’offre de formation.

 

Pouvez-vous nous détailler les approches de digitalisation de la formation que vous avez mises en avant dans votre récente étude ?

Notre étude a analysé la transformation numérique des organismes de formation à l’aune de la crise sanitaire, mais pas seulement. Aucun acteur ne procède de la même manière, mais nous avons identifié quatre grandes voies de digitalisation des dispositifs pédagogiques :

● l’approche de transposition ou de réplication un contenu identique dans un média numérique,
● l’approche d’augmentation des contenus par des services numériques,
● l’approche de transformation qui consiste à numériser des contenus pédagogiques,
● et l’approche de reconstruction où il s’agit de recréer un parcours numérique en partant d’une feuille blanche.

D’autres approches comme celle de la substitution, mais peu observées dans notre étude peuvent également exister.

Dans l’urgence, il y a eu une tendance à répliquer les pratiques du présentiel vers le distanciel. De mon point de vue, si une formation bascule vers le digital uniquement par réplication de ce qui a été proposé avant, elle multiplie clairement les risques d’échec et d’abandon chez les apprenants.

Les premières semaines du confinement ont montré qu’on ne peut pas faire quatre jours de formation à distance non-stop comme en présentiel. Il y a un surcroît de fatigue chez les stagiaires, une distanciation avec les apports, une implication moindre. Le rythme doit être différent : par exemple des séances de 2 à 3 heures, étalées sur une période plus ou moins longue. Cette réalité constitue un gros changement...

Ce qui est sûr avec cette accélération de la digitalisation, c’est qu’il ne peut y avoir de retour en arrière.

 

Jérôme Lesage Place de la Formation

Jérôme Lesage
Le blog de la formation

 

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C’est quoi une formation en présentiel ?

On parle de formation en présentiel lorsque la formation proposée implique une présence physique des stagiaires. Avant la crise sanitaire, c’était le format dominant chez les organismes de formation.


Comment faire une formation en distanciel ?

Une formation en distanciel propose aux stagiaires de suivre en visio une formation. Chacun se trouve à son domicile ou un lieu tiers. Cette pratique a explosé pendant le premier confinement lié à la Covid. Les organismes de formation ont cherché à répliquer les pratiques du présentiel. On sait à présent qu’il faut proposer un format plus court et un scénario pédagogique différent.


Pourquoi digitaliser la formation ?

Les outils digitaux et les plateformes ne doivent pas être une fin en soi pour les organismes de formation. Plusieurs étapes d’appropriation sont nécessaires pour les rendre réellement opérationnels. Si une formation bascule vers le digital uniquement par réplication de ce qui a été proposé avant, elle multiplie clairement les risques d’échec et d’abandon chez les apprenants.

 

 


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